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Antoine Schmitt - SEXTANT#3 |
Extraits :
D’un point de vue graphique personnel, votre univers recycle des codes fonctionnels, des univers signalétiques abstraits, essentiellement dynamiques comme pour déplacer le regard… Comment procédez vous pour insuffler un « comportement », une vie, un mode à vos avatars ? Avec des séries comme « avec détermination », par exemple, ce mode apparaît oppositionnel...
En quelques mots, il s’agit pour moi de recréer, avec des programmes, les causes des mouvements des entités visuelles ou sonores. Et de remonter cette chaîne causale : mouvement, énergie, comportement, mode d’être, être… À tous les niveaux, lorsqu’il y a équilibre de plusieurs forces, il y a semblant de vie (le déséquilibre finit dans le mur), c’est pour cela que ces entités ont souvent l’air de souffrir de tensions internes. C’est très humain.
Vous dédiez l’installation 22 Cube ensemble à Steve Reich ..
Cette pièce, 22 Cube ensemble, a initié la série, et l’impulsion m’en est venue après avoir vu un concert de « music for 18 musicians » de Steve Reich à la cité de la musique : j’avais été fasciné par le spectacle des musiciens lui-même, et par l’ébullition mentale provoquée par le rapport entre ce que je voyais et ce que j’entendais. Il se mettait en place dans mon esprit un processus permanent de reconstruction du réel. J’ai voulu explorer cela dans mon champ plastique.
Que vous apporte la dimension de l’improvisation ?
L’interprète musical constitue pour moi une source d’inspiration très forte, au sens où je trouve qu’il constitue souvent une métaphore d’une dimension de la condition humaine. L’improvisation renvoie par exemple au libre-arbitre et à ses contradictions, et en ce sens a depuis le début été très utile pour moi : un humain qui improvise face à un programme qui improvise, et nous voici dans une situation plastique et conceptuelle riche.
Propos recueillis par Corinne Leborgne
Retrouvez l'intégralité de cette interview dans Sextant #3
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