"Ambitronix, c’est l’idée de se recycler en direct."
Delbecq et Argüelles : vos deux premières lettres x 2 = DADA… Ambitronix, c’est l’art du détournement…
B.D. : DA c’est aussi Digital Analogique… DADA, oui, une veine très créative !… En ce qui me concerne, ce n’est pas la période que j’affectionne forcément le plus, mais une brèche a été ouverte avec eux et elle résonne toujours encore aujourd’hui.
S.A. : C’est un peu comme pour John Cage, on n’a pas besoin de suivre toute sa musique pour être influencé. En ce moment, je passe souvent devant la maison de Tristan Tzara, ça me fait plaisir…
B.D. : Ambitronix, c’est l’idée de se recycler en direct. C’est le principe de jeu. Pour ma part, je pilote un catalogue de fragments musicaux ou sonores que je déclenche via le sampler, mais j’y pioche souvent sans savoir ce que je vais découvrir… Ça me plonge dans une attitude inédite par rapport à une phrase de ma petite librairie personnelle que je recycle, elle devient une vue d’un autre axe. Et puis je peux construire des strates de boucles, ou encore jouer des sons de batterie piqués à Steve…
Vous ne répétez pas et tout se crée sur scène… Le lieu et le public ont-ils leur importance dans le jeu d’Ambitronix ?
S.A. : Oui , un lieu c’est un son. Nous improvisons ensemble, mais aussi avec le son qui est à disposition. Le son de la salle, la sono aussi… Parfois, il y a un peu de larsen qu’on peut réinjecter dans le jeu. Je me souviens, au Glazart, m’être retrouvé avec un son de grosse-caisse énorme… C’était lié à une fréquence dans la salle. Parfois je donnais un énorme coup, j’en jouais… C’était drôle.
B.D. : Avec mon petit synthé de basses, selon la qualité de la sono, la résonance de la salle, je ne vais pas du tout avoir les mêmes sensations. C’est d’ailleurs aussi pour ça qu’on ne peut pas faire du répertoire, on est trop dépendant du son au moment où l’on fait la musique. Le son lui-même nous emmène… Si je manque de graves sur le clavier, on change la physionomie intuitivement, je vais faire des sons de basse plus percussifs plutôt que des sons avec des enveloppes plus longues…
S.A. : Ce n’est pas une pression, mais avoir un public, ça demande certaines obligations. En studio, c’est plus simple de s’arrêter et de dire tant pis, on fera un montage après… Sur scène, tu ne peux pas avoir ce genre de réaction, tu es obligé de corriger tout de suite ou de jouer avec, de trouver une solution.
Du dub dans Ambitronix ?
S.A. : C’est lié au son. La bass station a un son assez rond.
B.D. : J’ai une façon de jouer de la bass station, pas jamaïcaine, mais qui a quelque chose du « lent dans le rapide ». La jungle m’a beaucoup marqué au début des années 90. La vitesse ultrarapide ralentie par des basses deux ou quatre fois plus lentes !
S.A. : Le dub, c’est l’origine de la drum’n bass… C’est du dub qui est doublé en tempo.
B.D. : À l’arrivée de cette musique, j’ai été très marqué, je ne rejouais pas encore de machines ni de synthés… Quand je les ai rallumés, j’avais été changé par cette musique, par Lee Scratch Perry, les Wailers…
S.A. : Il y a aussi les Delay sur la batterie qui donnent une ambiance dub.
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Le deuxième album "9volt trippin' " d'Ambitronix en vente chez Abeille Musique le 4 mai 2006 : www.abeillemusique.com
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